Cette semaine nous prions pour:

Appel à témoins, mutations sociales et avenir de la mission chrétienne,

Association francophone œcuménique de missiologie,

sous la direction de Geneviève Comeau et Jean François Zorn, CERF, 2004.

L’AFOM, rassemblant des théologiens missiologues de toutes confessions développe des réflexions toujours d’un grand intérêt autour du projet : ranimer la mission chrétienne.

Cette fois ci, elle s’attache aux problèmes de mission dans nos sociétés occidentales où le christianisme est minoritaire.

La méthode est originale : intervention de théologiens qui balayent les problèmes de fond de nos sociétés et proposent des pistes à partir desquelles les chrétiens peuvent témoigner ; mais aussi contrepoints fort judicieux de praticiens divers en lien avec les questions abordées (nous n’évoquons ici que les articles de fond).

Félix Moser ouvre le livre sur le lien ecclésial et les divers mode d’appartenance au Christ et à l’Eglise dans un contexte de consensus mou à choix multiples mais où afficher son désir de pratiquer sa foi signifie se singulariser. Il souligne les atouts d’une appartenance confessionnelle, le défi de la transmission aujourd’hui, et la double stratégie de modèles ecclésiaux nécessairement plus confessants.

L’article de Jean Daniel Causse est sans doute le plus stimulant. Son approche anthropologique analyse l’individu pris entre affirmation de soi et regard de l’autre qui tend à le standardiser, entre fragilité et renoncement à la toute-puissance, singularisation et lien social, communautarisme et universalisme, clôture du soi et clôture de l’histoire.

Une 3 ème partie met en jeu Jean Noël Bezançon (catholique), Jean François Collange (protestant), Didier Sicard (comité d’éthique) et Marie-Sylvie Richard (Xavière - médecin) autour des interrogations de la bioéthique : l’embryon, assistance médicale à la procréation, clonage, euthanasie, le pouvoir de la science, les déficits de la biomédecine, le Dieu dont nous témoignons dans ce contexte…

Bernard Ugeux analyse ensuite le renouveau du lien entre salut et guérison, la prise en compte des quêtes thérapeutiques et spirituelles contemporaines, toujours plus large que la simple demande de guérison physique. Il invite à devenir une Eglise qui valorise le salut comme lien filial au Père, qui se vit comme communautés de compassion et d’intercession.

Pietro Pisara réfléchit sur la révolution médiatique d’une société multimédiatique malade de « vidéologie », surinformée à l’effet « mixeur » mais amnésique, où le temps a avalé l’espace, enfermée dans une logique binaire… il relève quelques enjeux pour les Eglises : renouveler les symboles, sortir des langues de bois, apprendre à dire la foi de manière fragmentaire, un nouvel exercice de l’autorité plus interactif.

Frédéric de Conink, en sociologue, s’attache à discerner la mission de l’Eglise dans un contexte mondial de libéralisation économique en appelant à développer même de manière minoritaire une logique du don et de la consécration.

Enfin, Christian Salençon, autour du thème de la rencontre et de l’apostolat de tous les membres de l’Eglise cherche les contours d’un témoignage chrétien dans le pluralisme religieux actuel.

Toute personne soucieuse de la mission de l’Eglise devrait avoir en main un tel livre.
(GD- avril 2004).