Crise sociale

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La société est aujourd’hui touchée par trois crises qui s’entretiennent les unes les autres : crise de l’emploi, crise du sens et crise du lien social (cf Jean Baptiste de Foucauld dans « Une société en quête de sens »).

La crise de l’emploi est issue de l’échec collectif de l’Etat et des politiques publiques depuis plus de trente ans. Face au chômage, la société s’est installée dans un pessimisme ambiant, dans une fatalité destructrice (peut-on accepter durablement d’avoir 22% de taux de chômage pour les jeunes entre 18 et 25 ans, peut-on admettre que notre système scolaire génère chaque année des milliers de jeunes sans qualification, un taux d’emploi des seniors le plus faible d’Europe…). Le travail étant devenu une source majeure d’identité, il faut bien que l’identité absente se reconstitue là où elle peut par des signes et des appartenances, voire des communautarismes dangereux.

La crise du sens provient de l’incapacité de notre société à se donner des objectifs individuels et collectifs mobilisateurs autour d’un projet fédérateur. Notre pays n’a pas trouvé son modèle pertinent : il rêve d’un modèle de type nordique, mais ne s’en donne pas les moyens. D’un autre côté, il refuse le modèle anglo-saxon libéral, mais se laisse acculer au chômage de masse ! Il s’agit d’un projet inter-générationnel qui implique l’ensemble des citoyens, tous étant unis les uns aux autres. Mais il s’agit aussi d’un projet qui dise dans quel type de société l’on souhaite vivre.

La crise du lien social provient du délitement progressif du tissu de relations qui existaient autrefois entre les individus à travers des institutions régulatrices comme les syndicats, les partis politique, les églises… Dès lors qu’un accident de la vie survient (chômage, séparation, maladie…), les mécanismes de solidarité traditionnels ne jouent plus et l’exclusion vient alors dissoudre le sens et les liens sociaux.

D’autres phénomènes amplifient cette crise : le manque de logement, la panne de l’ascenseur social, la stagnation des rémunérations…

Gilles de Labarre, président du CASP (Centre d’action sociale protestant à Paris)

Le dossier

 

Voir aussi le dossier Eglise et diaconie