Didier Erasme

Peut-on qualifier Erasme de précurseur de la Réforme ? Né à Rotterdam vers 1466, nommé prêtre à vingt-cinq ans, il souhaite très tôt s'affranchir de la scolastique et retrouver un Christianisme authentique par le retour à l'étude de la Bible et de ses sources. Son érudition, sa correspondance avec les plus grands esprits de son temps, ses voyages à travers l'Europe font de lui un humaniste chrétien qui cherche à concilier le message évangélique et l'esprit des grands auteurs de l'antiquité païenne.

En 1504, il publie le Manuel du soldat chrétien. En 1511, l'Eloge à la Folie est un pamphlet qui s'attaque au comportement des classes dirigeantes et aux déviations et aux abus commis par l'Eglise. En 1516, il a recours à la philologie et à l'étude des sources hébraïques et grecques pour réaliser une version latine du Nouveau Testament. Ce souci de rendre les Ecritures accessibles à tous, sa recherche d'un christianisme authentique, son indépendance d'esprit, témoignent d'une réelle proximité avec les thèses des premiers Réformateurs.

Pourtant, sa correspondance avec Luther va révéler l'ambiguïté du rapport entre Réforme et Humanisme. Erasme, qui souhaite une réforme interne de l'Eglise, sans violence ni division, cherche à rester neutre le plus longtemps possible. Il finit pourtant par s'engager dans une violente polémique avec Luther. Cédant aux incitations du pape Adrien VI, il publie Essai sur le libre arbitre en 1524. Au-delà d'une querelle entre deux personnalités différentes, apparaissent des désaccords fondamentaux sur la notion de la liberté de l'homme par rapport à Dieu, les questions de la grâce et du mérite.

Erasme meurt à Bâle en 1536, après avoir refusé d'être nommé cardinal par le pape Paul III.
Il est l'homme d'une génération qui disparaît assez tôt pour ne pas avoir à prendre parti entre les camps religieux.


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