Archives des anciens articles d'actualité

Qu’est-ce que nous annonçons en prison ?

Le 4 avril 2013, Frédéric Rognon, président du service Justice aumônerie de prison de la Fédération protestante de France, était venu à Aix(en-Provence, pour animer la réflexion des aumôniers de la région de Marseille sur le thème « Qu’est-ce que nous annonçons en prison ? ». Il a rappelé en introduction de son exposé que ce qui nous rassemble, l’annonce de l’Evangile à des personnes détenues, est bien supérieur aux divisions éventuelles sur des points de doctrine.

Luther a établi les quatre piliers de la Réforme : soli Deo gloria (à Dieu seul la gloire), sola fide (la foi seule), sola gratia (la grâce seule), sola scriptura (l’Ecriture seule) et a insisté sur le fait que le salut est donné par Dieu aux hommes, par grâce au moyen de la foi.

La loi n’est pas pour autant disqualifiée et Luther en identifie deux usages dont nous avons besoin. L’usage civil premièrement, pour maintenir un ordre social, à cause du péché de l’homme ;  par exemple, ceux qui transgressent la loi des hommes peuvent aller en prison.

L’usage théologique (élenctique) deuxièmement, destiné à nous faire « honte ». Ne pouvant pas répondre par nos propres forces aux exigences de la loi, nous ne pouvons que nous tourner vers la grâce de Dieu. Seule la grâce permet d’être conforme à la volonté de Dieu.

Calvin en ajoute un troisième, l’usage pédagogique ou didactique, destiné à nous conduire à la sanctification. Dietrich Bonhoeffer a développé cet usage de la loi en distinguant « la grâce à bon marché », je suis sauvé donc je fais n’importe quoi, de « la grâce qui coûte », je suis sauvé donc je fais des œuvres qui coûtent (Vivre en disciple : Le prix de la grâce).

L’amour inconditionnel de Dieu pour l’homme, manifesté par sa grâce, est difficile à accepter car il est contre nature. La nature humaine nous conduit à marchander le salut contre des œuvres. Pourtant, notre message aux personnes détenues ne peut être que « Dieu t’aime inconditionnellement ».

La foi en Dieu est l’accueil de la grâce ; c’est recevoir Dieu qui s’abaisse vers nous. On distingue « fides quae, je crois que … » (adhésion) de « fides qua, je crois en … » (confiance). La foi conduit à une relation personnelle de l’homme avec Dieu.

Comment articuler foi et grâce ? La foi ne doit être que l’accueil de la grâce ; elle ne doit pas être le fruit d’un effort, c’est à dire une œuvre.

La justice des hommes faite de lois et de règles est différente de celle de Dieu où ce qui est juste est ce que Dieu nomme juste. La justice de Dieu est salvifique ; Il va chercher la centième brebis et accueille le fil égaré et la femme accusée d’adultère. On va en prison pour annoncer la justice de Dieu, celle qui va essayer de sauver la personne détenue.

Le péché est l’état de rupture avec Dieu ; c’est celui de tous les hommes mais ils sont justifiés par Dieu (Calvin). Ne pas confondre le pêché et le crime ou le délit.

La culpabilité est l’état de celui qui a commis une faute et qui la regrette ; il se tourne vers le passé et se focalise vers l’objet de la faute. Lytta Basset parle de « paralysie du cœur » ; la culpabilité fait obstacle à notre relation avec Dieu qui purifie l’âme.

La responsabilité consiste à se tourner vers l’avenir : « va et ne pêche plus ».

L’Evangile nous tourne vers la responsabilité et non vers la culpabilité.

En conclusion, les aumôniers de prison annoncent la grâce et le prix de la grâce aux personnes détenues qui pourront se tourner vers le passé pour la repentance et vers l’avenir pour la responsabilité.

Pierre Legrand

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Les aumôneries protestantes en prison, dans les hôpitaux, auprès des militaires. Quels enjeux pour aujourd’hui ?

A l’occasion de son synode national qui s’est tenu à Aix en Provence le 8 mars dernier, l’UNEPREF, union nationale des Eglises réformées évangéliques de France, avait organisé une table ronde sur les aumôneries dont le thème était « YES, WE CARE ! Les aumôneries protestantes en prison, dans les hôpitaux, auprès des militaires. Quels enjeux pour aujourd’hui ? »

Ce fut l’opportunité, après un bref rappel historique sur les prisons et l’aumônerie, de s’interroger sur ses missions en prison.

Les aumôniers ont pour mission de permettre la pratique religieuse de toutes les personnes présentes dans la prison, détenus et personnel. Pour les personnes détenues, c’est évident. Même si ça l’est moins pour les personnels, c’est extrêmement utile. Les aumôniers notent en effet une grande souffrance chez une proportion importante de surveillants. Ils sont soumis à une violence verbale et physique permanente de la part des personnes détenues. Ils subissent beaucoup de pression de la part de leur hiérarchie. Leurs conditions de travail sont difficiles : enfermement, absence de lumière, propreté souvent insuffisante des locaux, rythmes de travail, insécurité, etc. Ceci induit un taux d’absentéisme élevé qui nuit à une bonne organisation des services. Les surveillants chrétiens peuvent avoir besoin d’un accompagnement spirituel ou tout du moins d’une attention et d’un soutien bienveillants.

Les aumôniers de prison proposent aux personnes détenues une pratique cultuelle et un soutien humain et spirituel.

La pratique cultuelle prend plusieurs formes ; des cultes : prières, chants et prédication ; mais aussi des rencontres bibliques : formation et information religieuse, étude de la Bible et discussion autour du texte biblique, musique, chants, prières et lecture de poèmes ; sans oublier la fourniture de Bibles et documents, tels que calendriers et livrets de lecture journalière de la Bible ; et enfin des expositions, concerts et animations sur des thèmes religieux.

Le soutien humain et spirituel consiste en visites en cellules, écoute, mise en confiance, identification des souffrances et regard de compassion. Il peut aller aussi jusqu’à une réflexion sur le crime ou le délit : prise de conscience, responsabilisation, réparation, restauration et intégration. Mais jamais de culpabilisation ; les aumôniers protestants cherchent à annoncer avant tout l’amour de Dieu et sa grâce seule.

Les aumôniers appuient leur ministère en prison sur les paroles de Jésus et sur les exemples développés dans la Bible. Joseph (Gn. 39-41), Jérémie (Jr. 20, 32, 37-38), Pierre (Ac. 5, 12) et Paul (Ac. 16, 21-26, 28) ont été emprisonnés de manière injuste ou pour délit d’opinion. L’apôtre Paul a écrit plusieurs lettres alors qu’il était en prison (Éph., Col., Phm., Ph., 2Tm.), et il a pris la défense d’Onésime, un ancien prisonnier devenu chrétien. Dans la parole de Jésus «j’étais en prison et vous êtes venus me voir» (Mt. 25, 36) et dans l’épître aux Hébreux «souvenez-vous des prisonniers, comme si vous étiez vous-mêmes en prison» (Hé. 13, 2), il n’est pas spécifié que cela ne concerne que les chrétiens ; c’est la raison pour laquelle ces versets sont une interpellation à témoigner envers les prisonniers, quelle que soit la raison de leur incarcération, y compris criminelle. Les chrétiens ont un rôle fondamental à jouer, notamment dans les prisons, pour annoncer à chacun le pardon inconditionnel offert en Christ-Jésus.

Pierre Legrand

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Punir, guérir, restaurer : Regards croisés sur une autre manière de faire justice

La Fédération protestante de France a organisé un colloque sur la justice restaurative le 24 janvier 2013 au Sénat à Paris sous le parrainage de Jean-Pierre Sueur, sénateur du Loiret, président de la Commission des lois du Sénat, ancien ministre. Ce fut un succès aussi bien par l’audience que par la qualité des interventions.

Sur les bases théologiques et philosophiques solides exposées par Denis Müller et Jean-Marc Ferry, les expériences et le vécu concret de la Belgique en matière de justice de type « restauratif » décrites par Antonio Buonatesta ont montré la voie que la France pourrait emprunter dans les années à venir pour la modernisation de sa justice et de son système carcéral.

Les interventions du criminologue Robert Cario, le film de la journaliste Frédérique Bedos et les participants à la table ronde ont tracé les grandes lignes que la conférence de consensus « Pour une nouvelle politique de prévention de la récidive » devait formaliser quelques jours plus tard dans son rapport remis au ministre de la justice Madame Taubira.

La justice restaurative, en visant le rétablissement des liens rompus par l’infraction entre la victime, l’infracteur et la société, se trouve de fait à l’articulation de plusieurs problématiques telles que la réduction de la récidive et les peines alternatives à l’incarcération. Elle propose des processus permettant de réduire les tensions et les souffrances des victimes, des responsables et de leur entourage nées du crime ou du délit.

En attendant que le cadre législatif français se mette en place, les personnes intéressées par la justice restaurative, notamment les aumôniers des prisons, peuvent se former. L’INAVEM, la fédération nationale d’aide aux victimes et de médiation, propose des stages.

Pierre Legrand

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Débat avec des collégiens

Débat à propos du film de Didier Cros « Sous surveillance »

Le festival international du film sur les droits de l’homme (FIFDH) en Provence qui s’est tenu en février 2013 s’adresse aussi au public scolaire. Invité par la CIMADE, j’ai regardé le film avec des élèves des collèges Saint-Joseph et du Sacré-Cœur à Aix-en-Provence puis débattu avec eux sur le thème des droits de l’homme en prison.

Le film se déroule dans le bureau des surveillants du CD de Châteaudun. Au travers des rencontres d’évaluation, le film fait découvrir les moyens dont disposent les surveillants pour accompagner les personnes détenues dans un cheminement ayant pour but la reconstruction de l’individu en vue de sa sortie. Ils jouent de la carotte et du bâton. En cas de bon comportement en détention, la personne détenue bénéficie du régime ouvert. La journée, elle peut entrer et sortir librement de sa cellule, se rendre à la cuisine et aux salles communes du bâtiment et rencontrer d’autres personnes détenues. En revanche, si elle conteste l’autorité des surveillants, si elle enfreint le règlement ou si elle ne fait pas d’effort pour travailler dans la prison ou participer à des activités éducatives, elle « descend » en régime fermé. Elle sera enfermée jour et nuit en cellule sauf pendant les promenades.

Les personnes détenues interviewées présentent des profils très variés. Leurs chances de réinsertion semblent très variables au vue de leur comportement devant les surveillants. On ne parierait pas cher sur le compte de certains alors que d’autres semblent tirés d’affaire.

Les trois surveillants, un lieutenant et deux premiers surveillants, font preuve de professionnalisme et font de leur mieux pour résoudre les problèmes pratiques qui se posent à eux et pour favoriser les progrès des personnes détenues.

Au regard des taux comparés de récidive et de réinsertion, les surveillants s’interrogent sur la pertinence de leur mission. Doit-on favoriser l’enfermement alors que l’éducation, l’accompagnement social et psychologique permettraient sans doute à long terme d’éviter certains crimes et délits ?

Les débats avec les collégiens furent contrastés. Les classes de 3ème du matin montrent une certaine maturité en posant des questions qui touchent le fonctionnement de la prison et les conditions carcérales. Ils expriment de l’empathie pour les personnes détenues et s’intéressent également aux surveillants.

En revanche l’auditoire de l’après-midi, composé pour deux tiers d’élèves de 4ème, montre en majorité une attitude hostile aux personnes détenues. Une jeune fille pense que les surveillants ne sont pas assez sévères. Je souligne que les conditions carcérales sont déjà très dures et difficiles à supporter à cause de la privation de liberté, la promiscuité, la violence entre personnes détenues, la rupture des liens familiaux, etc. Un jeune garçon du même âge me dit avec assurance qu’il n’est pas d’accord avec moi et qu’il faudrait au contraire maintenir les personnes en prison à vie afin de régler la question de la récidive. Une grande partie de l’auditoire applaudit pour signifier sa solidarité avec ce qui vient d’être dit. La question suivante est une profession de foi qui jaillit avec force : « Monsieur il faudrait rétablir la peine de mort ! ». Cette fois-ci les choses sont dites, il devient possible de faire valoir un autre point de vue.

A treize ans, mes jeunes contradicteurs se font l’écho des opinions de leur environnement et surtout de celles qui simplifient les problèmes et proposent des solutions radicales. Mais ils sont capables d’entendre une autre opinion dans le calme et avec attention. Je leur explique que notre justice français est punitive mais que d’autre pays ont complété le côté punitif de leur justice par un côté reconstructif au bénéfice des victimes, des auteurs de crimes et délits et de la société. Le message de la justice restaurative semble passer puisque d’autres questions montrent maintenant un peu d’empathie pour les personnes détenue et de l’intérêt pour le travail des surveillants.

Le témoignage pour la promotion des droits de l’homme auprès des plus jeunes est prometteur. Il suffit d’échanger dans le respect mutuel pour progresser les uns et les autres sur des sujets de société sensibles et complexes.

Pierre Legrand

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Débat avec Robert Cario, criminologue à l'Université de Pau et Jacques Dallest, procureur de la République à Marseille

Ce juriste répand des idées neuves pour une justice volontaire, dynamique, qui veut réparer, réconcilié, resocialiser.

Pour en savoir plus, reprenez votre numéro 369, Février 2012, d'Echanges et interrogez, dans votre paroisse, votre aumônier des prisons, qui a participé, début octobre, au rassemblement national des aumôniers à Strasbourg, pour écouter ce Robert CARIO, prêcher pour cette "justice restaurative".

C'est généreux, c'est neuf, ça met à mal notre justice "tout pénal", qui confisque la parole aux victimes et aux infracteurs et qui ne sait qu'enfermer dans des prisons surpeuplées , et souvent infectes, nous en savons quelque chose à Marseille!, pour une vengeance vindicatoire.

- Cela m'évoque un procès auquel j'ai assisté, souffle Pierre, aumônier catholique aux Baumettes, à son voisin, Rémy, ancien aumônier protestant.

- Mais il faut l'écrire, c'est en plein dans le débat d'aujourd'hui.

Voici ce texte :

 ILS SONT LA, TOUS LES QUATRE...

Ils sont là, tous les quatre, ces imbéciles, dans la vingtaine, côte à côte, sur le banc des accusés.

On est dans la salle d’un tribunal.

Et ces quatre-là sont très mal à l'aise. La salle est comble, leurs familles, leurs copains, les voisins.

Pas fiers, ce matin, les petits minables. Ils sont là, triste brochette de médiocrité, d'immaturité, d'irresponsabilité, pliés en avant, la tête sur leurs genoux, pour cacher leur visage dans leurs mains, incapables de faire face à leurs juges , et aux victimes, qui veulent comprendre et, peut-être, être vengées.

Les journaux et les télés ont amplement couvert l'affaire, une affaire qui a fait mal, jusqu'au haut le cœur,  au vivre ensemble de ce petit pays. Ne rappelons pas les faits, ce n'est point le propos.

Toute l'audience du tribunal va se dérouler devant ces quatre, qui, prostrés,  ne montrent que l'arrière de leurs crânes rasés.

La mécanique judiciaire ne se grippe pas pour si peu, mais rien ne se passe  qui pourrait faire débat, murmurer des explications, des débuts d'excuses.
Il n'y en n'a pas un pour briser cette matinée bloquée, comme minérale, et qui ne semble pas devoir explorer quelque humanité. C'est à désespérer !...Il faudra que la sanction soit exemplaire, en tout cas.

Si ! , brusquement, une vieille femme se lève, grande et droite dans sa robe noire. Elle se tourne et fait face aux jeunes gens, et, en les désignant du doigt, leur lance :

- Pourquoi avez-vous fait ça ? Je ne peux pas vous pardonner. Pourquoi je vais souffrir jusqu'à ma mort ? Vous êtes fous ou quoi ?...

On n'est plus dans le déroulé procédural. Président, procureur et greffier s'arrêtent net de tripoter les feuilles de leurs dossiers, et lèvent les yeux, par-dessus leurs lunettes, sur le qui-vive. Avocats et policiers se redressent et tendent l'oreille. Le silence  saisit la salle et dure.

Alors, un des garçons se déplie, se dresse, fait face, d'abord  silencieux. Puis il regarde sa victime :

- Je regrette...Je voudrais simplement vous demander pardon.

Alors celle-là, encore debout, tend le bras et pointe tout droit son index sur le garçon.

- Toi, je te pardonne, parce que tu m'as  regardé !

Et il est certain qu'elle ne confond pas pardon et oubli !

Voilà comment  un regard et des mots échangés viennent réhabiliter un coupable et sa victime, un coupable par sa victime.

Réhabiliter, c'est rendre sa pleine dignité à tous les deux, auteur et victime, dans un entre-deux total. C'est là, une justice sociale qui répare et remet debout.

C'était il y a quelques années, en 1997, à Carpentras. Il n'y eu aucun chroniqueur judiciaire, et c'est dommage, pour saisir cet instant et s'en faire l'écho.

Rapporté par Pierre RICHAUD, aumônier catholique et Rémy WARNERY, ancien aumônier protestant, Les Baumettes. Novembre 2012

Le Parvis du Protestantisme et l'Aumônerie Régionale des prisons ont organisé les rencontres avec Robert Cario dans le cadre de la semaine nationale des prisons qui s’est tenue du 24 au 30 novembre 2012.

Le déjeuner-débat du midi a rassemblé 45 personnes autour du thème : "Une expérience de Justice restaurative; les rencontres Détenus/Victimes". Pour la conférence du soir dont le thème était : "Les promesses de la justice restaurative", il y avait et 70 personnes.

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Rencontre régionale des aumôniers de prison de la région de Marseille en octobre 2012

Le 25 octobre 2012, les aumôniers de la région de Marseille, après la visite du centre pénitentiaire de Marseille-Baumettes (CPM) le matin, se sont retrouvés à l’Espace Magnan de l’Eglise réformée de France à Marseille. Ils ont d’abord remercié, autour d’un apéritif, le pasteur Werner Burki pour son ministère d’aumônier régional de la région de Marseille qui a pris fin en mars dernier.

 

Ils ont pris sur place le déjeuner préparé par la Fraternité de la Belle de Mai, maison de la Mission Populaire Evangélique à Marseille. Ils ont enfin tenu leur réunion bisannuelle de travail.

Ils avaient la joie d’accueillir M. Thierry Alves directeur du CPM ainsi que Mme Laurence Pascot et M. Jean-Luc Ruffenach directeurs adjoints. Ces derniers ont brossé un état des lieux du CPM et des importants projets de rénovation à horizons 2013 et 2016.

Le pasteur Brice Deymié, aumônier national des prisons, a passé en revue l’actualité de l’aumônerie nationale : suites du rassemblement national des aumôniers de prison à Strasbourg, formation renforcée des aumôniers, colloque au Sénat à Paris autour de la « justice restaurative » le 24 janvier 2013.

Les aumôniers es prisons ont ensuite partagé leurs joies, difficultés, questions et attentes en lien avec leur ministère.

Que nos amis Danièle et Olivier Hutter soient remerciés d’avoir permis par leur dévouement l’accueil des aumôniers à l’Espace Magnan.

Pierre Legrand

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Journées Nationales Prison 2012 : Prisons : ce n’est pas la peine d’en rajouter

Pour la réduction du recours à la prison et la promotion des peines de remplacement qui font sens

Eviter l’emprisonnement

Alors que la loi pénitentiaire du 24 novembre 2009 affirme le caractère de dernier recours de la prison, La loi (n°2012-409) du 27 mars 2012 de programmation relative à l'exécution des peines prévoit la construction de 30 000 places supplémentaires de prison et l’ouverture d’établissements pour l’exécution des courtes peines.

Or :

-          Les personnes condamnées à de courtes peines devraient être les principales bénéficiaires des aménagements de peines conformément aux dispositions de la loi pénitentiaire de novembre 2009..

-          Aujourd’hui, la quasi- totalité des condamnations en attente d’exécution sont inférieures à 2 ans autrement dit ce sont des peines aménageables. Cette accumulation de peines en attente d’exécution n’est pas imputable au manque de places en prison mais aux manques importants de moyens des services d’application des peines et des Services Pénitentiaires d’Insertion et de Probation.

-          L’augmentation du nombre de personnes incarcérées s’explique par l’accroissement des incriminations et des condamnations à des peines privatives de liberté qui sont l’effet direct des multiples lois relatives à la prévention de la récidive des dernières années.

Ces incarcérations vont à l’encontre de la loi pénitentiaire.

-          Il manque un travail global sur la cohérence et l’efficacité des politiques pénales notamment en matière de courtes peines.

-          On constate que les sanctions plus rigoureuses n’ont pas d’effet dissuasif sur la récidive. Les peines courtes, celles de moins de 6 mois, n’ont aucun effet sur le taux de récidive tandis que les peines de plus de 2 ans entraînent une augmentation moyenne de 7% du taux de récidive. Certaines études démontrent que, les personnes qui bénéficient d’aménagement de peine récidivent moins que celles qui ont effectué la totalité de leur peine.

-          Une journée en détention à un prix moyen de 71.10 euros. Le placement sous surveillance électronique atteint un coût moyen journalier de 5.40 et la semi-liberté 47.81 euros par jour. Une journée de placement à l’extérieur est financée à hauteur de 40 euros par jour versées à l’association en charge de l’accueil des personnes.

Ces prix moyens ne comprennent pas le coût social qu’il faut ajouter au coût total à charge des personnes et des associations.

Une journée en prison coûte encore beaucoup plus cher qu’une journée de prise en charge à l’extérieur.

-          Les courtes peines ne permettent, faute de temps, pas la mise en place ni d’un accompagnement des personnes détenues par les professionnels (enseignants, CPIP, Formateur, Psy….) ni d’une préparation à <st1:personname productid="la sorite. Pourtant" w:st="on">la sorite. Pourtant</st1:personname> les courtes peines créent des ruptures qui peuvent empêcher l’insertion des personnes à leur sortie (ruptures familiales, emploi, logement…)

En cas d’emprisonnement, il faut un accompagnement et une continuité à la sortie dans le suivi social et médical notamment.

-          Il faut plus d’investissement dans l’accompagnement des personnes dans et hors les murs et moins dans la construction de nouvelles prisons

Extrait de la communication du Groupe national de concertation prison

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L'été à la prison

Pour beaucoup de Français, l’été est promesse de vacances, de sorties, d’un ailleurs. C’est synonyme de soleil, de liberté, d’activités inhabituelles, de changement du rythme de vie. L’été offre aussi l’occasion de nouvelles rencontres et de découvertes. C’est un moment de plaisir aux senteurs de bonheur. En prison l’été, rien de tout cela !

En prison l’été, il fait trop chaud, on dort très mal et ça ne sent pas bon. Tout est à l’arrêt ; plus d’activités scolaires ou culturelles. Bibliothèque, ateliers de peinture, de langues vivantes et d’informatique, tout est mis en suspens pendant deux mois ; les professeurs et animateurs sont en congés. Pour certains, il y a moins de parloirs ; les familles, les amis, les visiteurs partent aussi. On s’ennuie, on déprime ou bien la colère monte et le niveau de violence s’élève d’un cran. Il reste la télévision aux couleurs de vacances ; une façon de s’évader mais aussi de remuer le couteau dans la plaie de l’enfermement ; le bonheur des uns peut faire le malheur des autres !

Une petite lueur d’espoir cependant, le culte a bien lieu comme d’habitude et les aumôniers se sont organisés pour continuer les visites en cellules tout l’été, sans interruption. Ces moments de rencontre en tête à tête sont l’occasion pour l’aumônier de faire découvrir à la personne détenue qu’elle peut, elle aussi, utiliser cette période inhabituelle pour faire retraite. Pourquoi pas un temps pour lâcher prise et oublier momentanément tous les problèmes liés à l’enfermement et à la privation de liberté ? L’été , une parenthèse pour accueillir mieux que d’habitude la Parole du Seigneur qui procure la paix et la joie même en prison.

Pierre Legrand

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Rencontre européenne des aumôniers de prison à Sibiu en Roumanie

Cette rencontre a lieu tous les 4 ans sous l’égide de la section européenne de l’Association Internationale des Aumôniers de Prison (IPCA en anglais).

Les 125 aumôniers de prison réunis à Sibiu en juin 2012 ont adressé la déclaration suivante aux gouvernements et aux Eglises pour les rendre conscients de la situation des prisonniers en Europe et partout ailleurs.

-                   La conférence exhorte les gouvernements et les Eglises à être plus disponibles pour aider les victimes des crimes et être à l'écoute de leur souffrance. La conférence est consciente que les systèmes judiciaires négligent souvent le besoin des victimes. La conférence insiste beaucoup pour que l'on organise là où c'est possible des rencontres victimes/infracteurs qui peuvent éventuellement conduire à une réconciliation, conscient cependant que l'on ne peut pas forcer la victime à chercher la réconciliation avec son infracteur. Les aumôniers de prison espèrent que ces rencontres pourront avoir sur le long terme des conséquences positives et « guérir» la vie des victimes.

-                   La conférence affirme la dignité absolue de tous les prisonniers. Elle appelle les Eglises à retrouver leur voix prophétique pour défendre les droits des prisonniers et entreprendre ce qui est nécessaire pour leur permettre une réinsertion dans la société. Elle demande à chaque Eglise de soutenir le travail des services d'aumônerie de prison. La conférence exhorte les gouvernements à appliquer rigoureusement « Les Règles Standard Minimum pour le Traitement des Prisonniers» telles qu'elles sont définies par les Nations Unis. La conférence demande que l'on augmente les programmes éducatifs de préparation à la sortie. La conférence encourage les prisonniers à participer aux groupes de rencontre victimes/infracteurs. Elle demande aux Eglises d'être plus concernées par la complexité des questions liées à la criminalité et de pouvoir ainsi accueillir, sans préjugés, d'anciens prisonniers au sein de la communauté.

-                   La conférence demande à tous les gouvernements et aux Eglises de chercher par tous les moyens des solutions pour une réinsertion positive des anciens détenus dans la société. Elle insiste pour que les programmes de justice restaurative soient menés de façon interdisciplinaire pour aider les prisonniers à devenir responsables et trouver un sens à leur peine. La conférence encourage les gouvernants à trouver et à utiliser des peines alternatives à la prison. Elle croit qu'une bonne participation de toute la société aux programmes de réinsertion réduira le taux de récidive.

-                   La Conférence encourage tous les prisonniers à utiliser les services d'aumônerie dans leur établissement. Elle réaffirme la pertinence et l'utilité d'un service d'aumônerie dans les établissements pénitentiaires et en particulier dans ce qu'il contribue à améliorer le bien-être de la collectivité. La conférence exhorte les aumôniers à communiquer la joie et la peine de leur ministère aux autres.

Pierre Legrand

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Vivre la Bible en prison

Vivre la Bible en prison est un des défis de L’aumônier car il a pour première mission d’apporter la Parole de Dieu à tous ceux qui ont besoin de l’entendre en prison.

Et le besoin est immense ! La prison est un lieu de souffrances. La privation de liberté est en soi la source d’un vif tourment. A cela s’ajoutent les conditions matérielles qui sont à la limite du supportable et les relations avec les autres personnes sont encore plus éprouvantes.

L’incarcération est un choc brutal et violent pour les détenus ; au-delà du traumatisme de l’arrestation, ils subissent humiliation et avilissement et perdent une part de leur identité en devenant un numéro. C’est aussi pour la plupart d’entre eux une perte de confiance en soi, d’estime de soi, de dignité et d’intégrité.

Les besoins de la personne détenue sont immenses et complexes. Il s’agit rien de moins que de répondre à la question : Qui suis-je ? Quelle est mon identité ? Il lui faut retisser la toile de sa vie passée, présente et future afin d’être en mesure d’affronter le regard des autres détenus, de la famille, des amis et des collègues de travail ; mais aussi d’affronter son propre regard : pourrai-je un jour me regarder de nouveau dans le miroir ? Pour certains, l’enjeu est également et peut-être surtout d’affronter le regard de Dieu ?

L’aumônier peut aider la personne détenue à chercher sa réponse car il possède une situation privilégiée ; il offre sa disponibilité, son écoute et le secret professionnel. Il ne joue pas le rôle de psy mais il apporte la Parole de Dieu et aussi son humanité.

La personne détenue sait que l’aumônier lui rend visite bénévolement, sans calcul, sans recherche d’instrumentalisation et dans la discrétion totale. Il a du temps pour lui ; il lui offre une écoute totale et sans jugement. Il est présent et il habite la relation. Il porte un regard purifié car il distingue la personne de ses actes. Enfin il est plein de sollicitude.

La Bible à la prison se vit dans 4 temps forts.

D’abord au culte où la liturgie et la prédication prennent une forme habituelle ; mais la rémission des pêchés et la prière d’intercession pour les enfants et les parents des détenus prennent un relief particulier. C’est le moment de l’annonce de la grâce de Dieu.

Ensuite à l’étude biblique qui permet la mise en perspective du vécu avec les textes ; on découvre concrètement la grâce de Dieu dans les textes, en prenant le temps. On tricote le texte et la vie des détenus. Les échanges sont souvent vifs et passionnés. Car la grâce de Dieu est en opposition avec le vécu du détenu. Pour beaucoup, l’emprisonnement signifie l’expiation de l’infraction à la loi : plus je souffre plus j’atteindrai la rédemption. Pour d’autre il s’agit d’une rétribution négative : je dois payer ma faute à la société. Or le Christ nous annonce le contraire : d’abord le pardon gratuit, sans expiation et sans rien à payer.

Troisièmement, la visite en cellule : c’est une rencontre en tête à tête. La personne détenue peut s’exprimer librement en dehors de la présence des surveillants et des codétenus. La parole peut être libre. L’aumônier ne peut pas faire état de ses propos. Généralement le détenu utilise ce temps pour se raconter. Il fait une narration de lui-même. Il reprend son passé, son histoire, la raison de son incarcération. Il interroge son futur proche et lointain. Il fait référence à la Bible, à son message, au Christ à Dieu. Cela prouve qu’il ne s’adresse pas à l’aumônier ; ce dernier n’est pas le destinataire du discours. En réalité, il se parle à lui-même par la médiation de l’aumônier mais il parle aussi à Dieu. Il cherche devant Dieu à se comprendre lui-même. La preuve ? L’entretien se termine presque toujours par une prière dans laquelle l’aumônier l’invite à parler à Dieu. Le détenu reprend généralement la synthèse de son récit qu’il adresse à Dieu.

Enfin, la rencontre dans les couloirs : Vous êtes qui ? Aumônier ? Qu’est-ce que c’est ? C’est l’occasion de distribuer un recueil « Psaume + nouveau testament » et de prendre rendez-vous, peut-être pour le culte et l’étude biblique, en tout cas pour une visite en cellule.

Et si la personne veut entrer dans une lecture régulière et approfondie de la Bible, il reçoit la Bible éditée par la Commission Justice et aumônerie des Prisons (JAP) de la Fédération protestante de France (FPF). Elle est magnifiquement illustrée par des dessins d’Annie Vallotton et écrite en gros caractères. Cela permet de « vivre la Bible en prison » sans lunettes !

Bibliographie : Frédéric Rognon ; Le sens de la peine ; Bulletin d’information n° 58 de la commission JAP de la FPF

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Adieux de Werner Burki

Lors de mon retour dans notre bonne ville de Marseille (après 15 ans passés à Paris, il y a maintenant quatre ans), j’ai été heureux de rejoindre le groupe d’aumôniers protestants de notre Région.

Il faut, dans le milieu carcéral (comme en beaucoup d’autres milieux d’ailleurs) du temps pour découvrir, du temps afin d’être accepté, du temps pour créer des liens. Des liens affectifs bien sûr, car les personnes faisant l’expérience de la détention sont bien dans des liens, des liens trop souvent mortifères privilégiant le cynisme, la violence et le laisser-aller…

Comme tous mes collègues, il m’a été donné de mesurer la part si faible de notre action (devant le nombre de détenus qui ne cesse d’augmenter) mais aussi la part grandiose, car donnée par Dieu notre père pour que des rencontres, des échanges soient des « cœur à cœur »

Prendre sa part.

Au moment de laisser ce poste d’aumônier régional, je ne laisse pas ma part pour autant. Mon successeur Pierre Legrand de l’ERF d’Aix-en-Provence saura prendre sa part à lui en intensifiant son action et je me réjouis de le voir assumer ce beau ministère. Pour autant, je ne laisse pas ma part ! Non que je veuille imposer une quelconque ingérence ; ce n’est pas cela. Prendre sa part, c’est aussi accepter qu’elle puisse évoluer, se modifier.

La fraternité qui caractérise notre groupe d’aumônier comporte aussi une part de lien. Notre expérience, nos échecs et nos réussites s’inscrivent dans une expérience qui renforce la solidarité. Ainsi ma part, la plus précieuse désormais sera celle de la prière. Pensée pour tous ceux qui poursuivent ce ministère, pensée pour tous les menottés et entravés des établissements de l’Administration Pénitentiaire en France et aussi, pensée pour nos églises, elles qui sont porteuses d’une invincible espérance.

Dans tous les aléas de l’existence dont le livre de Job présente les vicissitudes extravagantes, j’aime à redire infiniment la confession de foi de ce personnage vrai et dans la peine, confession d’une maturité spirituelle élevée et pourtant à la portée de chacun. Job s’écrie en (19.25) « Pour moi, je sais que mon Rédempteur est vivant »

Tout est dit.

Ainsi, le moment est moins de prendre sa part ou de laisser sa part que de garder la « bonne part », celle de la Parole, dans le Nom de Jésus.

Werner Burki, Marseille, le 5 mars 2012

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Assemblée générale de la FPF en janvier 2012

« Sais-tu où se trouve la prison la plus proche de chez toi ? Heu ?!... Et connais-tu l’aumônier qui visite les personnes détenues ? Non ! Pourquoi ? Il y a des protestants en prison ? »

Consciente de la nécessité de renforcer les liens entre Eglises et aumôneries, la Fédération protestante de France (FPF), réunie en assemblée générale (AG) les 21 et 22 janvier dernier, avait choisi de débattre au sujet des aumôneries militaires, de prisons et d’hôpitaux. Elle a adressé un message aux membres et au Conseil de la FPF à ce sujet.

J’aimerais attirer votre attention sur le dernier paragraphe du message :

« L’AG appelle les Eglises locales ainsi que les œuvres et mouvements membres de la FPF :

-        à soutenir spirituellement et financièrement l’action des aumôneries ;

-        à inviter les aumôniers, pour se mettre au bénéfice de leur expérience,

-        à les accompagner dans leur mission

-        et à accueillir celles et ceux qui ont pu découvrir l’Evangile par les aumôneries. »

Les aumôniers de prison se réjouissent de la grande attention dont ils sont l’objet dans ce texte.

C’est l’occasion de rappeler que l’aumônier de prison n’est pas seul dans son ministère, qu’il a été appelé et envoyé par son Eglise d’appartenance et que cette dernière s’est officiellement engagée à lui accorder son soutien spirituel et l’attention que ce service auprès des détenus mérite au sein de l’Eglise.

Si chacun est bien l’aumônier de prison de « son » Eglise locale d’appartenance, notons que ce n’est pas suffisant. Le message de l’AG de la FPF s’adresse à toutes les Eglises protestantes proches ou non d’un établissement pénitentiaire. Toutes sont invitées à soutenir, inviter et accompagner les aumôniers et aussi à accueillir les personnes sorties de prison qui le demandent.

C’est sans doute partiellement le cas pour leurs Eglises d’appartenance, Dieu soit loué ! Mais ça ne l’est peut-être pas pour les autres Eglises. Nous croyons que l’appel de l’AG de la FPF rencontrera un écho favorable.

Pierre Legrand

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Rencontre régionale des aumôniers en janvier 2012

Le plein de joie

Le pasteur Brice Deymié, aumônier national des prisons, n’était pas venu les mains vides à la rencontre régionale des aumôniers de prisons de Marseille. Il avait apporté pour chacun un exemplaire de la traduction très attendue du livre de Howard Zehr « La justice restaurative - Pour sortir de la logique punitive ». C’est bien ce que souhaitent les aumôniers ! Témoins de la souffrance des personnes détenues, ils constatent que l’enfermement se montre bien souvent inutile, néfaste et contreproductif. Ce livre décrit un processus de médiation entre personne détenue et victime qui devrait permettre à chacun de se reconstruire et de trouver un avenir possible. Beau motif d’espérance venant compléter le plaisir que les aumôniers éprouvent à se rencontrer chaque semestre. Joie, joie …

Même si le Seigneur l’accompagne dans ses visites aux personnes détenues, l’aumônier des prisons est humainement seul dans son ministère. Le partage des souffrances et des difficultés mais aussi des bonnes nouvelles et de la Bonne Nouvelle se fait à huis clos dans la cellule, de personne à personne. Les échanges sont directs et intenses et la charge émotionnelle est souvent très forte. La rencontre régionale est l’occasion de partager ces expériences avec les collègues qui vivent des situations similaires. Joie, joie …

La rencontre de janvier 2012 s’est déroulée au temple de l’Eglise réformée d’Aix-en-Provence. Après le moment cultuel préparé par le pasteur Werner Burki, aumônier régional, l’actualité de l’aumônerie nationale est passée en revue : aide à la création d’une aumônerie protestante des prisons en Haïti, impression spéciale de bibles et nouveaux testaments pour les détenus et rassemblement national quadri-annuel des aumôniers protestants du 4 au 7 octobre 2012 à Strasbourg. Joie, joie …

L’après-midi, Madame Magali Espaze, directrice adjointe du centre pénitentiaire d’Aix-Luynes était invitée pour un échange sur les directives européennes régulant le monde pénitentiaire. Si les intentions de la loi pénitentiaire française qui en découle sont bonnes, les modalités de sa mise en œuvre posent question. L’incarcération devrait conduire la personne détenue de l’exclusion à la (ré)insertion. Comment est-ce possible dans des établissements qui tendent à se déshumaniser sous la vague de l’informatisation des relations détenus-administration pénitentiaire ? Joie, joie ??

Ceci montre la nécessité de poursuivre le combat pour veiller à préserver l'humanité en toute occasion lors de l'expérience de la privation de liberté. Les aumôniers avec le soutien de leurs églises d'appartenance sont bien là pour cela aussi, car l'annonce de la bonne nouvelle influe toujours lorsqu'elle est entendue, sur le passé qu'il s'agit d'assumer, sur le présent qu'il faut bien aménager, et sur l'avenir dont la joie nous est garantie en promesse.

La joie est bien le fil rouge de nos existences, une joie reçue par amour et jamais feinte.

Pierre Legrand

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