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La lettre en pdf

Le président


Monsieur le Président
de la République française
Palais de l’Elysée
55, rue du faubourg Saint Honoré
75008 Paris

Monsieur le Ministre
de la transition écologique et solidaire
Grande Arche
Tour Pascal A et B
92055 La Défense Cedex

Paris, le 27 juin 2017

Objet : Plaidoyer pour un plan d’action climat ambitieux


M. le Président de la République,
M. le Ministre de la transition écologique et solidaire,

A l’occasion de la COP21, la Fédération protestante de France (FPF) a exprimé auprès de la Présidence et du Gouvernement sa conviction que les changements climatiques constituent un enjeu crucial pour le présent et l’avenir. Elle l’a fait notamment dans le cadre de la déclaration de la Conférence des responsables de culte en France (CRCF) sur la crise climatique, remise à l’Elysée le 1er juillet 2015.

Le Sommet des Consciences sur le climat, tenu au Conseil économique, social et environnemental (CESE) en amont de la COP21 a souligné que la voix de consciences, dont les responsables religieux, et l’engagement concret des croyant-e-s, apportent une contribution essentielle.

En tant que protestant-e-s, nous soulignons en particulier que les changements climatiques soulèvent une question de justice et posent une exigence de solidarité, dans la mesure où les premières victimes, dont les plus pauvres, portent une responsabilité limitée, sinon nulle, dans ce dérèglement. Ainsi, la crise climatique pose un défi spirituel et moral.

Nous avons entendu vos mots forts, M. le Président, en réponse à l’annonce du retrait des Etats-Unis de l’Accord de Paris. Nous avons aussi entendu votre conviction que la crédibilité de la France sur la scène internationale dépendait de son exemplarité propre. Nous nous réjouissons de ces prises de position, auxquelles nous souscrivons.

C’est pourquoi, tandis que le plan d’action climat du Gouvernement est en voie de finalisation, et à quelques mois de la COP23, je vous écris, M. le Président et M. le Ministre, afin de vous encourager et de vous appeler à une ferme ambition. La France fait face aux défis de la cohérence, du renforcement et de l’accélération de son action dans toutes les politiques publiques relevant de la lutte contre les changements climatiques.

En particulier, je souhaite porter à votre attention :
• Le besoin de revoir à la hausse avant 2020 la contribution nationalement déterminée (NDC) de l’Union européenne tout comme les objectifs et moyens de mise en oeuvre nationaux de la France, en accord avec le but fixé par l’Accord de Paris de poursuivre les efforts pour rester en deçà de + 1,5 °C de réchauffement. Nous appelons la France, gardienne de l’Accord, à être moteur au sein de l’UE pour cette relève rapide de l’ambition.

• Le souci de protéger les populations les plus vulnérables aux impacts des changements, en leur permettant de s’adapter et en prenant en compte les pertes et dommages dont ils souffrent. En particulier, la lutte contre la précarité énergétique en France nécessite, d’une part, la reformulation du décret décence, qui n’intègre pas de manière efficace le critère de performance énergétique minimale aux conditions de décence d’un logement, et d’autre part, de donner la priorité aux “passoires énergétiques” lors d’une rénovation du bâti accélérée.

• Le devoir de favoriser un développement écologiquement responsable et la lutte contre la pauvreté en garantissant un financement adéquat, le transfert de technologies et le renforcement des savoirs et compétences. Notamment, cela signifie le respect de la promesse de la France de porter à 5 milliards d’euros par an ses financements climat dès 2020 ; en leur sein, il importe d’atteindre un équilibre entre atténuation et adaptation et de compter une part accrue de dons. Nous nous réjouissons en outre de l’annonce faite aux ONG de la volonté de valider la taxe sur les transactions financières européenne dès cet été et d’affecter une partie de ses recettes à la finance climat pour le sud ; nous appelons la France à respecter cet engagement de solidarité.

Sur le terrain, nous prenons activement notre part. En particulier, avec les autres institutions chrétiennes en France et des ONG chrétiennes, nous lancerons en septembre un “Label Église verte” au niveau national, qui permettra notamment de baisser l’empreinte carbone des communautés chrétiennes et accompagnera les chrétien-ne-s dans une conversion écologique.

C’est ainsi, grâce à la mobilisation, les encouragements de tous et par de mutuelles interpellations, que nous pourrons prendre part à cette cause décisive.

Veuillez recevoir, M. le Président et M. le Ministre, l’expression de mes sentiments distingués.

François Clavairoly
Président de la Fédération protestante de France

Copies à :
M. Le Drian, Ministre
M. Vidal, Ministre