Introduction biblique pour la Création

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Texte : Genèse 1, 26 à 31

Pour Réunion de conseil presbytéral ou autre groupe de travail

Dieu dit : « faisons l’homme à notre image, selon notre ressemblance et qu’il soumette les poissons de la mer, les oiseaux du ciel, les bestiaux et toutes les petites bêtes qui remuent les petites bêtes qui remuent la terre ! »

Dieu créa l’homme à son image,

A l’image de Dieu il les créa.

Mâle et femelle il le créa.

Dieu les bénit en disant : « Soyez féconds et prolifiques, remplissez la terre et dominez la, soumettez les poissons dans la mer, les oiseaux dans le ciel et tous les animaux qui se meuvent sur la terre. »   Genèse 1, 26 à 28

 

Quelques éléments de compréhension biblique:

.à l’image de Dieu… mâle et femelle il les créa : l’auteur considère l’humanité entière. Il n’y a pas lieu d’autre différenciation (culture, race, classe..). Chaque individu est créature de Dieu et pas seulement descendant du premier homme.

Comme image de Dieu, homme et femme participent de manière égale à la création. Ils sont égaux. Et Dieu s’adressent à eux. Par cette adresse de parole, l’humanité est en relation directe avec Dieu. Et c’est cette parole de mise en relation qui donne la « fonction », la « mission «  à la créature humaine. L’humain est le partenaire de Dieu, par la parole de celui-ci et l’échange qui en advient.

En tant que créatures de Dieu, l’homme et la femme sont partenaires de Dieu et liés à Dieu par l’acte de création ; ils sont donc  élevés à une place particulière par ce partenariat qui résulte du fait que Dieu adresse la parole à ses créatures.

Etre créé à l’image de Dieu implique une discipline de marche avec le Dieu créateur (on retrouve ces éléments de marcher avec Dieu dans l’histoire d’Abraham par exemple)

. Dominer : Le mot hébreu « kabash » est utilisé 20X dans l’AT ; ce mot trouve son sans dans l’expression « poser son pied sur quelque chose ».Il est situé dans l’Egypte ancienne où le pharaon pose son pieds sur des silhouettes agenouillées, et qui indique sa prise de possession d’un territoire. Le mot « kabash «  signifie donc « prise de possession d’un territoire »  mais ne signifie en rien le piétinement de ce territoire ; on retrouve aussi ce mot dans le  récit de la conquête de la terre promise. Il ne signifie pas  une destruction des intérêts particuliers mais plutôt un effort pour repousser les obstacles afin que le territoire puisse vivre paisiblement. C’est ce que ferait un bon roi comme David (2 Samuel 8,11).

Dans le récit de la Genèse cet ordre de « dominer »   dit à l’homme qu’il habite la terre et, pour ce faire, il est inviter à utiliser les richesses selon son besoin. Pour y vivre l’homme doit utiliser les ressources de manière à ce que celles-ci puissent durer. Un dépouillement total lui est de ce fait interdit, puisque tout appartient à la vie, est nécessaire à son maintien. Dans cette optique, Dieu donne le droit d’exploiter, par exemple, une forêt d’une façon sage : chaque arbre coupé devrait être remplacé par un arbre planté. Il confirme notre rôle de co-créateur.

. Soumettre les animaux  Le mot hébreu « radah » est utilisé 22X dans l'AT et ce dans un contexte décrivant généralement des relations entre humains. Son origine est à chercher dans le monde des bergers, dans leur contexte du déplacement nomade, jusqu’à celui qui « dirige » son troupeau vers les eaux paisibles ». Ce mot est aussi attribué au  roi ((1rois 5, 4) et on se souvient de la condamnation des mauvais bergers ou faux bergers d’Israël. La question est alors posée : est ce qu’un bon roi voudrait piéger son peuple et l’exploiter ? Il devra plutôt être son intendant, son gardien. Un bon roi est au service de son peuple, il soutient les pauvres et reconstruit ce qui est brisé, il et responsable de son bien-être, c’est son bon berger. Ainsi « soumettre les animaux «  invite l’homme à être leur gardien, responsable de leur bien être, aussi pour le bien de l’humanité.

Des éléments de réflexion :

.Nous sommes créés pour être en dialogue, en relation avec Dieu. La seule différence avec les autres créatures vient de cette création de vis à vis. Quand cet équilibre est il menacé ?

.Nous sommes appelés à vivre ensemble. Homme et femme, blanc et noir, jeune et vieux pauvre et riche, chrétien et non chrétien. Quels risques pour un monde qui prône l’individualisme ?

.Nous sommes appelés à être gérants de la création. Là où nous oublions qui est le maitre de la création et quel ordre il a inscrit dans celle-ci, là la création est en danger. Quels signaux d’alarme devrions-nous donner en tant que chrétiens ?

 

Courte méditation (source d’inspiration Bernard Rodenstein)

Pour beaucoup le récit de la création s’arrête le sixième jour. L’homme est le couronnement de l’œuvre divine, et une responsabilité écrasante lui est mise sur les épaules. A lui de jouer. Avec son savoir, sa technique, son bon vouloir, sa lâcheté, son grain de génie et de folie.

C’est bien là le monde où nous sommes. Où fleurit le meilleur et où sévit  le pire. Où se multiplient les promesses et où se dilapident les trésors. Où se renouvelle l’espérance et où se cristallisent les angoisses. De quoi demain sera-t-il fait ? L’homme saura-t-il maitriser l’évolution qu’il a provoqué ?

Toutes ces craintes sont fondées si nous nous arrêtons au sixième jour. L’homme n’achève pas la création. Ce jour là il y entre comme un acteur d’importance  « tu l’a fait semblable à un dieu. »(voir psaume 8)

Mais c’est le septième jour que tout l’édifice trouve (ou retrouve) son équilibre et sa dynamique.

Le septième jour, lorsque Dieu a achevé son intervention et qu’il s’apprête à prendre du repos, il consacre ce qu’il a pris le soin de faire.

Dieu se réjouit de l’harmonie de la création et se propose de la faire durer grâce au temps qu’il se donne pour dialoguer avec l’homme.

Le dialogue de Dieu avec l’homme : quelle fabuleuse chance !

Nous pouvons aussi appeler cela la contemplation, ou la prière… ou la célébration. Rejoignons Dieu dans ce face à face dans lequel et pour lequel il nous a créé. C’est un temps essentiel, un temps irremplaçable. Le temps pendant lequel la mémoire revient. Celui aussi pendant lequel les yeux s’ouvrent et où l’œuvre de Dieu se projette devant nous...et l’œuvre des hommes.

Comment sans mémoire et sans vision de ce qui est à venir pourrions-nous faire ce que nous avons à faire ? Comment, sans profiter de la lumière que Dieu a fait jaillir dans le monde, ne pas retourner au chaos, au vide, au néant ?

C’est au septième jour que tout prend sens. Et que ce sens nous est restitué dans le dialogue avec Dieu. Pour que sa création puisse vivre et que nous vivions avec elle en bonne intelligence. Amen.

 

PRIERE D’INTERCESSION

Nous te présentons, Seigneur, notre  monde de progrès et l’homme qui l’habite, formidable d’intelligence et de possibilités, mais d’une insouciance et d’un appétit cruels.

Nous te rendons grâce pour tant de découvertes scientifiques, tant d’expériences prometteuses et te remettons l’usage qui en sera fait, car là encore tu nous invites à choisir entre la vie et la mort.

Nous te prions pour les puissances économiques et politiques toujours en recherche de nouvelles sources d’énergie : qu’ils aient le courage et la créativité pour de vrais solutions d’avenir.

Nous te prions, en commençant par nous, donne à chacun le sens de la responsabilité, et de la mesure, pour que nous ne fassions pas peser sur d’autres la tyrannie de nos besoins.

Car nous le savons : nous n’aurons nul progrès loin de ton Esprit, nulle croissance durable sans celle du Christ en nous qui nous rend chaque jour un peu plus pauvre pour toi.

Amen.

 

 

BENEDICTION

La paix profonde de la vague qui déferle soit sur vous,

La paix profonde de l’air qui circule soit sur vous

La paix profonde du calme de la terre soit sur vous

La paix profonde des astres brillants soit sur vous

La paix profonde du Fils de la paix soit sur vous.

Amen

(Source : JPSC temps de la création 2010)