Fédération protestante de FranceDocumentation Accueil > Services > Aumônerie protestante des Collèges et des Lycées |
||
Créer une aumônerie de lycée ou de collège
Préambule |
||
|
||
| I- Fondements | ||
Pourquoi l’âge adolescent nous semble-t-il à ce point important qu’il faille être présent au sein des collèges et des lycées ? Parce que cette période transitoire entre l’enfance et l’âge adulte nous paraît être particulièrement marquée du signe de la fragilité. Il n’est pas nécessaire d’être psychologue pour savoir que l’adolescence est une période de crise. L’adolescent n’est plus l’enfant qu’il était et il ne sait pas quel adulte il sera. Il vit une deuxième naissance et s’en trouve particulièrement fragilisé. Pour reprendre une image de Françoise DOLTO[2], il est, tel le homard, nu, parce qu’il a perdu sa première carapace ; il essaie laborieusement de s’en reconstituer une nouvelle. Il est exposé et vulnérable. Centré sur lui-même, l’adolescent est en quête de son identité. Au cœur de la vie quotidienne, il manifeste de façon souvent théâtrale sa liberté absolue de choisir. Sachant cela, nous concevons l’aumônerie en milieu scolaire comme un lieu communautaire d’apprentissage dans lequel l’adolescent, en quête de son identité, peut expérimenter librement et en toute sécurité la pertinence de la tradition chrétienne au cœur de sa vie quotidienne de collégien ou de lycéen.[3] Reprenons les éléments centraux de notre proposition et donnons-leur une forme concrète.
Une fois ces fondements posés, on peut se demander si l’aumônerie ne serait pas une mission impossible ? Certainement oui, si nous comptons sur nos seules forces. Certainement non, en fait, par la Grâce de « Celui qui, par la puissance qui agit en nous, peut faire infiniment au-delà de tout ce que nous demandons et pensons, à Lui la Gloire dans l’Église et en Christ Jésus, dans toutes les générations, au siècles des siècles. » [2] F. DOLTO, C. DOLTO-TOLITCH (avec la collaboration de C. Percheminier), Paroles pour adolescents ou le complexe du homard, Paris, Hatier, 1989. |
||
| II- Les textes officiels relatifs aux aumôneries de lycées et collèges | ||
La circulaire ministérielle complète se trouve en fin de dossier, en Annexe I. L’école publique française est laïque, c'est-à-dire que l’école doit montrer « un égal respect à l’égard de toutes les croyances ». Ainsi, lorsque les familles le demandent l’établissement scolaire public doit prendre toutes les dispositions permettant l’enseignement religieux des élèves, sans être pour autant responsable de dispenser lui-même cet enseignement. La mise en place d’aumôneries dans le cadre fixé par le service public d’éducation répond à cette demande sans mettre en cause la laïcité de l’espace scolaire. Voici une présentation des différentes rubriques de ce texte qui figure intégralement en annexe. 1- Création d’aumôneries 1A Dans les établissements comportant un internat, l’institution du service d’aumônerie est de droit dès qu’elle a été demandée. 1B Les établissements ne comportant pas d’internat peuvent être dotés d’un service d’aumônerie sur décision du recteur. Compte tenu de la brièveté du délai imparti, il est souhaitable que les demandes des familles et l’avis du conseil d’administration soient recueillis avant la fin de l’année scolaire précédant celle de l’envoi du dossier au recteur. Au plus tard en juin pour la rentrée de septembre suivant.
- 1C Dans tous les cas, l’organisation du service d’aumônerie ne devient définitive qu’après l’agrément par le recteur sur proposition des autorités religieuses concernées, du responsable de l’aumônerie et, éventuellement, des personnes qui l’aideront en qualité d’adjoints. 1D La décision du recteur sur la création de l’aumônerie doit être notifiée au chef d’établissement avant le 1er novembre. 2- Fonctionnement de l’aumônerie 2A- Inscription des élèves 2B- Conditions d’organisation de l’aumônerie 2C- Modalités administratives de fonctionnement [6] Ibid. |
||
| III- Démarche à suivre pour créer une aumônerie | ||
La création d’une aumônerie peut concerner un seul établissement ou être commune à plusieurs établissements. Les conditions à respecter sont les suivantes : 1. Calendrier : Toute demande d’aumônerie devant être faite dans les 15 jours suivant la rentrée scolaire par le chef d’établissement au recteur, il faut donc préparer le dossier au plus tard en mai-juin de l’année scolaire précédente. a) Dans les collèges (1er cycle) : « S'il s'agit d'une première inscription de l'élève dans l'établissement, les parents ou représentants légaux indiquent, sur la fiche d'inscription qu'ils doivent remplir et qui doit comporter une rubrique à cet effet, ou à défaut, sur un feuillet ad hoc annexé à cette fiche, s'ils désirent que l'élève suive les activités du service d'aumônerie ; dans l'affirmative, ils précisent le culte choisi. »[8] b) Dans les lycées (2ème cycle) : « Les élèves font eux-mêmes cette demande. Pour les élèves mineurs, les parents en seront informés et pourront s'y opposer. » [9] Remarques sur le choix d’un lieu approprié : - La nature de l’établissement visé par votre projet va influencer votre approche pour le lieu à retenir. - Si l’aumônerie concerne un établissement scolaire unique, avec l’accord du chef d’établissement elle peut se tenir dans l’établissement (ce qui est plus facile pour les élèves). - Si l’aumônerie est commune à plusieurs établissements, elle serait bon qu’elle soit implantée dans un lieu central aux différents établissements et facile d’accès pour les jeunes. [7]Additif au B.O. n° 16 – 22 avril 1988. cf. Annexe |
||
| IV- Liens avec la FPF et son Département Jeunesse | ||
Les liens des aumôneries avec les églises membres de la FPF sont nécessaires pour contribuer à la réussite du projet en référence notamment au préambule de ce document et pour assurer des relations de confiance avec les directions des établissements concernés. Ces trois éléments constituent le minimum à partir duquel la FPF par le truchement de son département jeunesse peut accorder son soutien au projet et assurer le suivi des aumôneries créées. |
||
| V- Eléments pour un Cahier des Charges | ||
| Il est normal que chaque aumônerie élabore son cahier des charges afin de coller aux réalités de l'établissement au sein duquel va se dérouler ce travail, mais aussi pour que toute la diversité des personnes engagées soit respectée selon les familles ecclésiales dont elles sont issues. Toutefois, certaines pistes doivent être empruntées afin d'apporter de la cohésion et un fondement commun dans les buts à atteindre. |
||
| 1. Formation | ||
| Etre impliqué dans une telle entreprise nécessite d'avoir des compétences et une expérience d’animateurs de jeunes ; l'aumônier ne pourra faire l'économie d'une formation régulière, car s'il a déjà une formation théologique de base, le travail biblique parmi les jeunes, quant à lui, nécessite de nouveaux outils qu'il convient de connaître et de maîtriser ; nous encourageons au développement d'un projet pédagogique sur du moyen terme afin de donner de la visibilité aux objectifs à atteindre. Les membres de l'équipe d'aumônerie auront le souci de leur formation. | ||
| 2. Transmettre une culture chrétienne fondée sur la Bible | ||
| La lecture de la Bible qui permet aux jeunes de comprendre comment la Bible les concerne leur permettra aussi de décrypter la culture judéo-chrétienne et la culture contemporaine. Le fondement biblique, l’influence de la Parole, les textes fondateurs du christianisme aideront à comprendre comment notre culture a été marquée à travers les siècles par tant d’éléments judéo-chrétiens. Un tel cheminement pourra conduire ces jeunes à lire et comprendre les Écritures sous un nouvel angle, leur donnant aussi la possibilité d’animer eux-mêmes des études bibliques. |
||
3. Ecouter, accompagner |
||
| Transmettre un héritage vivant est une facette essentielle. La capacité d'écoute de celui qui accueille est déterminante. Etre là pour l'autre et non pour soi, l'accompagner sur son chemin sans l'entraîner sur le nôtre. | ||
4. Travailler sur les valeurs et la citoyenneté |
||
L'aumônerie se positionnera comme un lieu privilégié au sein de l'établissement scolaire, d'une vie citoyenne, basée sur des valeurs collectives favorisant ainsi l'ouverture à l'autre, en vue d'un enrichissement mutuel. Elle se préservera de devenir un « ghetto chrétien », en son sien, chaque jeune qu'il soit chrétien ou non, se sentira valorisé comme individu et citoyen. |
||
| VI- Les relations avec les Églises locales | ||
| L'Église locale d'où est issu le projet devra solliciter et informer les autres Églises locales en vue d'une éventuelle collaboration. L'aumônier ne devant pas travailler seul, il sera entouré d'une équipe. Celle-ci aura à cœur de le soutenir, de l'encourager et veillera à la bonne mise en œuvre du projet d’aumônerie (organisation, contenu, etc.). Cette équipe sera composée de membres issus de son Église d'appartenance – qui devra être engagée en faveur du projet – et, si possible, de membres des autres communautés protestantes sollicitées, prêtes pour une collaboration. C’est à cette équipe qu’il rendra compte de son activité. Il est souhaitable que des réunions régulières soient organisées (une fois par mois par exemple) pour que l'aumônier puisse parler de son travail (difficultés, encouragements), et être écouté. Elle pourra ainsi, le cas échéant, d'après les différents constats, réorienter ses forces vers tel ou tel point. L'équipe d'aumônerie pourra aider à la bonne marche de l'aumônerie par des courriers aux parents d'élèves, par des collectes de fonds, par une participation aux activités ou par tout autre action, en restant dans les limites imparties à sa responsabilité d'encadrement de l'aumônerie. Elle veillera à informer régulièrement les communautés protestantes engagées ou désireuses de suivre le projet. |
||