Dossier : La Fédération protestante de France et l'avortement > Sommaire > Chronologie > Biographie d'André Dumas |
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| Un moraliste joyeux : André Dumas (1918-1996) André Dumas, pasteur de l'Eglise réformée de France et ancien doyen de la Faculté de théologie protestante de Paris, est mort, le 23 juin, à la Roche-sur-Yon (Vendée) des suites d'une longue maladie. Tout au long de ce dernier demi-siècle, André Dumas aura été l'une des voix les plus éclairées du protestantisme français qui devra désormais compter sans lui. Rares sont les sujets sur lesquels il n'a pas posé le regard du théologien, de l'humaniste et du moraliste qu'il a été jusqu'à la fin, même durant les plus durs instants de son long combat contre la maladie. Il est difficile de citer des grands événements dans lesquels il n'a pas été impliqué. En 1941 équipier de la Cimade, il apporte une aide précieuse et efficace aux Juifs internés au camp de Rivesaltes, action qui lui vaudra, l'an dernier, la remise de la médaille des Justes. Responsable de la «Fédé» jusqu'en 1949, pasteur de paroisse à Pau, puis aumônier des étudiants à Strasbourg, il entame, à partir de 1961, une longue carrière de professeur de philosophie et de morale à la Faculté de théologie protestante de Paris où de nombreuses générations d'étudiants profiteront de son enseignement lumineux et éclectique. En optimiste tenace, André Dumas aura soulevé tous les problèmes de son temps et affronté avec lucidité les épreuves de son époque : la guerre d'Algérie et la décolonisation, le dialogue avec le marxisme et l'athéisme, la lutte contre le racisme au sein du MRAP, le planning familial et l'1VG avec Francine, son épouse , la situation de la femme dans l'Eglise et la société, la science et la culture. L’oecuménisme, le dialogue interreligieux, bien avant que celui-ci ne soit d'actualité. Homme de débats et de conférences, orateur et prédicateur, André Dumas a été aussi un homme de presse à laquelle il reconnut toujours un rôle important dans le débat intellectuel et théologique. Ancien membre du comité de rédaction de la revue Esprit, il fut l'une des grandes signatures Réforme jusqu'au Juin dernier, date à laquelle il écrivit son dernier éditorial. Théologien perspicace, il contribua à taire connaître Dietrich Bonhoeffer en France. Humaniste curieux de tout, il eut une vraie passion, celle de la littérature, du théâtre et du cinéma. Moraliste joyeux, il fit de l'exigence éthique la grande affaire de sa vie. Une vie qu'il plaça sous l'inspiration de ce qui lui donna cette étonnante force de jugement, et auquel il ne cessait de se référer : l'Evangile. (…). Bulletin d’Information Protestant du 26 juin 1996
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